Android, Linux, FLOSS, open-source,… pourquoi ces termes sont importants

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Android-Linux

On entend et lit souvent « Android est basé sur Linux« , « cette application est open-source« . Il est clair que ces termes ne sont parfaitement compris de tous alors une explication générale me semble pertinente.

Android est basé sur « Linux » ou sur le kernel Linux ?

Android est bel et bien basé Linux mais pas le « système Linux » que vous utilisez pour votre PC. Par exemple, vous ne pouvez pas lancer des applications Android sur une distribution Linux et inversement.

Linux est le noyau d’Android (kernel), mais Android Inc. puis Google ont ajouté des logiciels et librairies « à leur sauce » et ça, ça fait toute la différence.
De plus, Android dispose d’une interface développée en Java et pas d’un système de fenêtrage X Window en natif.

 

La différence entre « Linux » et le kernel Linux

Les personnes utilisent le mot « Linux » pour différentes définitions. À la base, Linux est le kernel Linux, le cœur d’un système d’exploitation.
On parle aussi de « distributions Linux », mais ces distributions ne se limitent pas à un kernel Linux. Elles contiennent d’autres logiciels, comme les utilitaires GNU shell, le serveur graphique Xorg, le bureau GNOME, les navigateurs web, etc. C’est pourquoi le terme « GNU/Linux » est plus approprié que « distributions Linux » pour définir Debian, openSUSE, Arch, Ubuntu, etc.

Grâce au fait que Linux soit open-source, les développeurs Android de Google ont pu modifier le kernel pour le mettre en phase avec leurs besoins. Google n’a pas créé un kernel mais a repris celui de Linux pour le customiser. Beaucoup d’appareils ont vu le jour grâce à ce principe, comme la PS4 avec le kernel open-source FreeBSD (référence).

Les utilisateurs Android un minimum averti auront bien entendu remarqué la version de leur kernel Linux dans le menu système À propos du téléphone.

 

Logiciel libre, open-source, pourquoi devriez-vous vous en préoccuper

(complément d’informations)
Qu’un programme soit open-source ou pas n’est pas seulement une question pour développeurs, cela a aussi un fort impact pour les utilisateurs. Les licences de logiciels open-source et libres apportent une liberté que l’on n’aurait pas sans elles.
Si un programme est open-source, son code source est disponible gratuitement aux utilisateurs, et n’importe qui peut prendre ce code source, le modifier et distribuer ses prFree_softwareopres versions du programme. Les utilisateurs peuvent aussi distribuer autant de copies originales qu’ils veulent. N’importe qui peut utiliser le programme, peu importe l’objectif. Il n’existe pas de taxes ou de restrictions sur le logiciel.

Par exemple, Arch Linux est un système d’exploitation open-source. Vous pouvez le télécharger, créer des copies et les donner à vos proches. Vous pouvez installer Arch sur un nombre illimité d’ordinateurs. Vous pouvez créer des versions modifiées et les distribuer.
Voilà ce que permettent de faire les licences open-source, alors que les licences fermées / propriétaires vous imposent des restrictions et le code source n’est pas disponible.

Firefox, OpenOffice, Linux et Android sont des exemples majeurs des logiciels open-source, alors que Windows est probablement le logiciel privateur le plus populaire.

Les applications open-source sont généralement gratuites, même si rien n’empêche à un développeur de vous faire payer pour utiliser des copies du logiciel.
En revanche, un logiciel libre (« free software » dans le sens freedom, liberté) se focalise sur l’éthique et la morale de l’utilisation des logiciels, pouvant être contrôlé et modifié par l’utilisateur. Autrement dit, un logiciel libre privilégie les libertés des utilisateurs.

Le mouvement des logiciels open-source est basé sur des raisons bien plus pragmatiques. Le fait de rendre un code source disponible au public est un atout pour le business, plutôt que pour l’éthique et la morale.
Même si les logiciels open-source et libres sont conçus de la même manière, ils ne véhiculent pas le même message.

 

Les licences

Il existe beaucoup de licences différentes. Telle ou telle licence sera utilisée par des développeurs selon les programmes et comment ils souhaitent le partager. Pour Android, Google a opté pour la licence ASL 2.0 pour les raisons évoquées ici.

La GPL, GNU General Public License, est largement utilisée sur les projets open-source, comme Linux. Au-delà des définitions propres au monde open-source, les termes de la GPL spécifie que si quelqu’un modifie un programme open-source et qu’il distribue une version modifiée, il doit aussi partager le code source de ce dernier. En clair, personne ne peut prendre du code open-source et s’en servir pour créer un programme propriétaire/fermé.
Si vous avez faire un tour sur le forum XDA Developers, vous verrez que tous les membres qui postent un kernel custom mettent un lien vers le code source (Github dans 99% des cas).

D’autres licences, comme la BSD, imposent moins de restrictions aux développeurs. Si un programme est sous licence BSD , n’importe qui peut intégrer le code source dans un autre programme. Il n’est cependant pas demandé de partager publiquement les modifications. Certains disent que cette licence est plus libre que la GPL, car elle offre plus de choix aux développeurs. D’autres pensent qu’elle réduit les libertés des utilisateurs, car nous n’avons pas accès aux versions modifiées.

GNU-GPL

Les intérêts pour les utilisateurs

Comme évoqué précédemment avec la distribution GNU/Linux Arch, vous pouvez installer et distribuer autant de copies que vous le souhaitez, contrairement à Windows. Un programme open-source est aussi beaucoup plus flexible.

Par exemple, une grande majorité a été déçue de la nouvelle interface de Windows 8. Du fait que Windows est un logiciel privateur, aucun utilisateur Windows ne peut reprendre l’interface de Windows 7, sans un minimum de connaissance pour la modifier et la rendre fonctionnelle sous Windows 8, mais cela demande un travail énorme et rigoureux.

Quand un environnement de bureau GNU/Linux ne plaît pas à un nombre significatif de personnes, plusieurs options s’offrent à eux.
Par exemple, quand GNOME 3 est sorti, certains ont repris le code de GNOME 2 pour le faire tourner sur les dernières distributions GNU/Linux, c’est ainsi que MATE fût créé. D’autres ont pris le code de GNOME 3 et l’ont modifié à leur sauce, ce fut la création de Cinnamon. Enfin, une autre partie des utilisateurs sont passés sur un autre environnement de bureau.

Avec Android, on peut facilement basculer sur une ROM Custom, comme CyanogenMod, Replicant, MIUI, OmniROM,… ou tenter du RemixOS, MaruOS, etc. Les applications open-source sont reprises et modifiées pour mieux aux besoins d’utilisateur, comme SignalPlus ou SMSSecure, forks de Signal, une application de messagerie.

A propos Primokorn 49 Articles
Après l'informatique en général, je me suis intéressé aux OS mobiles il y a plusieurs années et plus particulièrement à Android. Beaucoup de lectures et de pratiques me donnent envie de partager toutes ces informations, avec un penchant pour la personnalisation, le logiciel libre, la sécurité et la vie privée. #libriste

5 Commentaires

  1. Merci pour cet article, mais, il y a un mais… !

    La diffusion est l’utilisation de Linux, propre ! n’est pas à la portée du premier venu… les parts de marchés le démontrent d’elles-mêmes.

    Pour avoir utilisé en son temps, l’univers Linux, sur un PC, un PowerBook Apple, j’ai vite était découragé… manque de logiciels tiers viables, difficulté à avoir une machine vraiment opérationnelle, pauvreté de la bibliothèque d’applications, qui nécessite de très bonnes connaissances bien trop souvent, pour pouvoir communiquer avec les autres OS du marché…

    Certes l’univers libre me plait tout autant qu’à toi… mais ce n’est pas grâce à lui que l’informatique a pu s’implanter dans tous les foyers du globe, bien au contraire…
    L’univers de l’open source étant plus réservé à une caste d’utilisateurs très avertis…

    • Tu as fais l’erreur Reporter ! 🙂 C’est GNU/Linux et pas Linux.
      Certaines distributions GNU/Linux sont largement à la portée du premier venu. Beaucoup de retours utilisateurs du quotidiens peuvent en témoigner.

      J’utilise GNU/Linux depuis moins d’un an seulement donc je ne peux parler de ton expérience passée. En revanche, il est clair qu’il existe des distributions GNU/Linux pour « barbus » et d’autres pour un basculement Windows => GNU/Linux en douceur. Certaines distributions reprennent même l’interface et des menus de Windows.

      Par rapport aux logiciels, des dizaines de milliers de paquets sont téléchargeables. J’effectue pas mal de tâches différentes sur mon PC et aucun logiciel ne me manque.

      Quant à l’implantation dans les foyers, GNU/Linux était peut-être repoussant pour les newbies il y a quelques années mais cela a fortement changé. Il y en a pour tous les goûts !
      Aussi, Microsoft et la FSF par exemple n’ont pas du tout les mêmes objectifs et ne travaillent pas de la même manière.
      On revient aussi à l’un de mes précédents articles, qui traite de la fainéantise de certains utilisateurs.

      En tout cas, je t’invite à lancer une machine virtuelle et de (re)tester des distributions GNU/Linux, ou alors de passer par un dualboot pour avoir un meilleur rendu des performances (4s pour éteindre mon PC au passage ;)).

      Pour ma part, je suis passé par une distribution intermédiaire (Mint Cinnamon) quand j’ai quitté Windows. Après quelques temps, je suis passé sur une distribution plus « pure ».
      C’est un peu comme des surcouches de smartphones et on ne peut pas dire que le choix n’est pas au rendez-vous.

  2. Ce n’est pas une erreur Primo… c’est pour inciter les visiteurs à lire l’article 😉

    Je testerais… une de ces nouvelles versions, pour me faire une idée …

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