De quatre opérateurs de téléphonie mobiles à deux ?

Le rachat par Bouygues de son concurrent SFR, fait largement parler de lui sur la toile, une opération vue d’un bon oeil par Orange et Free, qui ne voit pas là, une source de problème.

sfr-orange-bouygues-freemobile

Mais voilà que le groupe Bouygues annonce aussi, qu’il serait prêt à céder son réseau d’antennes et ses fréquences de téléphonie mobile à son concurrent Free (Iliad), pour faciliter son mariage avec SFR, et recomposer ainsi totalement le paysage de la téléphonie mobile française. En clair Bouygues va se concentrer sur l’offre Internet, en délaissant la partie mobile de ses activités.

Le PDG de Bouygues Telecom, Olivier Roussat, indique dans une interview au Journal du Dimanche « Nous sommes entrés en négociations exclusives pour céder à Free pour un montant pouvant aller jusqu’à 1,8 milliard d’euros l’intégralité de notre réseau mobile ».

Cet accord, porte sur les « 15 000 antennes et un portefeuille de fréquences, dont une partie pour la 4G », il serait notamment conditionné au fait que Bouygues acquiert SFR mise en vente par le Groupe Vivendi.

Vivendi, maison mère de SFR, qui cherche bien à se séparer de sa filiale télécoms pour se recentrer sur les médias, et a annoncé mercredi avoir reçu des offres de Bouygues et de Numéricable de prise de contrôle majoritaire. Si l’offre initiale dévoilée par Bouygues avait les faveurs de la Bourse, elle semblait toutefois poser un problème au regard des règles de la concurrence.

Cet accord permet à Bouygues « de lever la principale incertitude qui pesait sur son projet au regard de l’Autorité de la concurrence. Et à Free de devenir un opérateur plein et entier », assure Olivier Roussat dans cet entretien.  » Mais en cas de fusion avec SFR, nous aurions un réseau de trop. Là, il y a un acheteur qui va recréer une dynamique concurrentielle. Cette solution clé en main devrait faciliter le mariage avec SFR et rassurer Vivendi », explique-t-il encore.

L’Autorité de la concurrence devra examiner le dossier et si tout se passe bien, les migrations d’abonnés pourraient se dérouler « au cours de l’année 2015 »,  précise-t-il, et en assurant que cet accord « permet aussi de garantir l’emploi de l’ensemble de la filière télécoms en France avec le maintien de trois réseaux ».

Le PDG de Bouygues Telecom se veut rassurant : « Free souhaite entretenir le réseau avec ses propres agents, et nous voulons garder nos 1 200 salariés qui y sont affectés. Notre réseau ne sera pas détruit. Bien au contraire, Free fera vivre les 15 000 antennes qui seront devenues les siennes. »

Un voeu pieu, qui sera certainement mis à mal dans les années à venir, même si, Olivier Roussat, confirme également que ce « projet de fusion avec SFR ne provoquera aucun départ ». En déclarant notamment « que la fusion permettra d’investir dans les réseaux Internet et mobiles en créant des emplois. »

Si cet accord de fusion aboutit, il redistribuerait totalement les cartes dans le secteur de la téléphonie mobile française que se partagent actuellement quatre acteurs.

Pour rappel, le leader, Orange a aujourd’hui en portefeuilles, 27 millions de clients mobiles, SFR en a 21 millions, Bouygues Telecom 11 millions et Free 7,4 millions. Cela donnerait à Free des ailes en augmentant considérablement son emprise sur le marché de la téléphonie mobile.

D’autant que Free a un réseau de relais peu développé et s’appuie surtout sur la 3G au travers d’un contrat d’itinérance avec Orange, mais pas pour la 4G. Et c’est la une nouvelle donne, Bouygues se vante de son côté, d’avoir le meilleur réseau 4G via l’accord qui lui a permis d’utiliser la technologie 4G sur une bande de fréquence de 1800 Mhz, qu’il exploitait déjà lui donnant ainsi une longueur d’avance en termes de couverture. Olivier Roussat déclare que cet accord devrait permettre à Bouygues et Free d’abaisser ses coûts, et que la guerre des prix que se livrent les opérateurs mobiles, à l’initiative de Free, puis dans l’Internet, à l’initiative cette fois de Bouygues, devrait se poursuivre.

Vidéo de l’interview du 12 février 2014 sur 01NetTV pour un Grand Talk de 30 minutes

Une opération qui n’est pas encore finalisée, mais qui va changer beaucoup de choses à n’en pas douter, notamment en matière de tarifs, un leader baisse rarement les siens, bien au contraire.

Information diverses recueillis sur différentes sources Internet…

Génération mobiles

A propos de Reporter 2780 Articles
Que de temps passé à tester des mobiles ! Le plus ancien... Un antique GSM Nokia 2010 en 1994... Jusqu'au Lumia 950 XL actuel... en passant par plusieurs mobiles sous Android et même un iPhone

7 Comments

  1. Un grand chamboulement va se produire, reste à espérer que le gagnant soit le client. Cependant, ça me fait un peu marrer car j’ai souvenir d’une déclaration du patron de Bouygues qui disait qu’il ne voulait rien avoir à faire avec Free et encore moins leur vendre quoique ce soit…… 1.8 milliards plus tard la réflexion n’est plus la même

    _________________________________
    Envoyé depuis l’application Génération mobiles pour Android

  2. Malheureusement il faut s’attendre à des augmentations, si l’on se réfère à ce qu’il s’est passé en Autriche qui est passé de 4 à 3 opérateurs, un scénario qui s’annonce similaire chez nous, les tarifs, là-bas ont pris + 18 % dans la foulée….

    Une très mauvaise nouvelle pour les clients 😉

  3. Je pense qu’il y à une petite incompréhension.
    Si les deux opérations se déroulent Free recupeterait les antennes et les Fréquences de Bouygue, mais ce denier conserverait le réseau SFR,et le portefeuille de ses clients. En aucun cas il n’est question que Bouygue abandonne le marché mobile.
    La manip et gagnante gagnante pour Bouygue ui récupère du cash dont il à besoin pour boucler l achat de SFR, et Free qui accelererait son deploiement réseau.
    Pour ce qui est des clients, je pense que pour le court et le moyen terme Free continuera à jouer le trublion, car les deux autres auront pour un bon moment un gros avantage de taille de parc.

    _________________________________
    Envoyé depuis l’application Génération mobiles pour Android

    • Oui mais en Autriche ils n’avaient pas un troublion qui avait cassé le marché en divisant les prix par plus que deux et n’a pas de grandes raisons stratégiques de changer sa position tarifaire. Le vrai danger pour les clients serait que Free soit absorbé par un grand groupe étranger, plus puissant qu’Orange ou le nouveau Bouygues.

      Cette absorption n’est que très hypothétique vu la position de l’actionnaire principal

  4. Faut effectivement voir ce que cela va donner. Avec ce genre d’opération free devrait ne plus avoir besoin d’Orange pour une couverture nationale mais si BT rachete SFR, est ce que le service sera au rendez vous. en effet, les clients BT et SFR vont se retrouver sur le même réseaux, mais va t’il résister?

  5. Malheureusement je voudrais être aussi angélique, mais les opérateurs ont d’autres objectifs bien moins avouables… et mes craintes de voir repartir les tarifs à la hausse sont bien réelles… Le cas de l’Autriche illustre parfaitement mon propos 😉

Poster un Commentaire